Vegan…pour les humains

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Publié le 11/12/2017 par Laurent

Après un long silence je réactive le blog pour aborder une idée qui prend forme depuis quelques temps dans mes pensées et commence à se structurer. Cette idée a surement déjà fait surface chez nos brillants penseurs vegans et je n’en revendique pas la primeur mais uniquement le fait de l’avoir exprimée de façon originale.

On a souvent tendance à amalgamer le véganisme et l’anti-spécisme comme si l’un et l’autre étaient synonymes. Il existe pourtant des nuances et vouloir absolument l’identité de ces concepts amène forcément a des incohérences, lesquelles sont utilisées par les détracteurs du véganisme. La première de ces incohérences est le fait qu’un anti-spéciste devrait accepter que les humains et les non-humains soient égaux devant la consommation de viande, le droit à chasser et à faire partie de la chaîne alimentaire. Cette affirmation est vraie si on considère le spécisme comme une fonction multi-latérale (fonctionnant dans plusieurs sens) tout comme le sexisme ou le racisme, dont on sait qu’ils peuvent exister à l’encontre d’un sexe comme de l’autre ou d’une ethnie comme d’une autre. Et, de fait, si on considère qu’une chauve-souris avale 3000 insectes en une nuit, on pourrait très bien évaluer les conséquences du spécisme humain comme étant relativement modérées et acceptable sur le plan moral…

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La question que je souhaite soulever après ce préambule est la suivante : devons nous continuer de promouvoir le véganisme sur la base d’une morale axée principalement sur le respect des non-humains ( basée sur l’anti-spécisme) ou devons nous mettre l’accent sur les progrès que peuvent apporter aux humains des comportements non-violents et respectueux de la vie ?
En ce sens la première illustration concrète qui me vient à l’esprit concerne les actes de cruauté ou de maltraitance qui appellent la compassion pour la victime mais aussi le souhait d’aider le bourreau, le tortionnaire afin qu’il ne renouvelle pas son expérience criminelle et qu’il soit libéré de ses mauvais penchants. C’est ce que proposent les systèmes pénitentiaires des pays modernes et civilisés qui ont pris l’option d’aller au-delà de la punition et s’intéressent à la réinsertion d’un individu meilleur, amendé. De ce point de vue, la promotion du véganisme peut être appréhendé comme une action visant à améliorer la moralité des humains en les éduquant au respect pour les autres créatures et plus généralement au respect de l’autre, qu’il appartienne à la même espèce ou pas.
Nous allons passer en revue les bénéfices que le véganisme peut apporter à l’humanité mais avant cela il peut être intéressant de préciser un aspect méconnu de la domination spéciste en questionnant les intentions des consommateurs de matières animales.

L’ acte et l’intention
Selon le juriste Gary Francione la qualification morale d’une action dépend étroitement de l’intention qui l’a motivée. Si on donne une gifle à une personne pour l’humilier et la faire souffrir, c’est très différent de donner une gifle pour réanimer une personne évanouie. Ainsi, derrière l’acte de consommer le corps des animaux, existe tout un réseau d’intentions qui vont de la volonté de se nourrir a un probable désir de domination envers l’animal. La philosophe Florence Burgat a émis la thèse qu’à notre époque, dans les pays développés pouvant trouver facilement des alternatives végétales à la viande, les humains consommeraient de la viande dans le but de pouvoir tuer des animaux.
Cet acte de tuer instaure de facto un rapport de domination qui, dans le cas de l’élevage, prolonge et finalise la mise en cage ou en enclos et la reproduction forcée.
A ce stade de la réflexion on pourrait éluder la question de la domination est arguant qu’elle est une simple conséquence de l’élevage (ou de la chasse) et non sa finalité mais plusieurs indices ethnologiques portent à penser le contraire.
Ainsi, dans de nombreux rites chamaniques, les officiants exercent, non seulement, une action sur le corps des animaux mais visent à s’approprier leur esprit, leur énergie vitale. De la même façon, il existe en Asie, toute un commerce de produits animaux (cornes, ailerons etc…) censés apporter la force, la virilité mais dont le seul effet prouvé est une sensation de puissance se développant dans l’imaginaire du consommateur-tortionnaire. Le totémisme, dont sont issues notamment les religions de l’Egypte ancienne établit de même un rapport de puissance en provenance des animaux et transféré aux humains.
On pourrait encore évoquer le culte de Mithra, les hécatombes de la Grèce ancienne, qui sont à la base de notre culture occidentale, et à chaque fois établir le rapport avec les consommateurs de viande actuels qui recherchent dans le corps des animaux un peu plus que des protéines, autrement accessibles dans le soja et les haricots.
Chaque consommateur, lorsqu’il s’apprête à acheter de la viande, devrait interroger les raisons et les intentions, désirs de pouvoir et de domination, plus ou moins cachés dans son inconscient. Il reviendra aussi à chacun de décider si le désir de dominer des êtres vivants est acceptable moralement. On notera que ce point est souvent bien accepté dans le sens dominant vers dominé mais plus rarement dans le cas contraire. Le sujet malheureux d’un despote maudira celui qui l’opprime mais ne verra pas la souffrance qu’il inflige aux animaux en allant acheter du jambon ou un steack.

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Il est temps d’arriver aux aspects plus concrets et évoquer les bénéfices moraux du véganisme dans notre vie courante.

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La paix entre les communautés :
On voit régulièrement resurgir, au fil de l’actualité, de profondes haines entre ceux qui mangent telle sorte de viande et ceux qui considèrent que ce type de consommation est impur, cruel, monstrueux.
Ceux qui mangent du chien (Chine) et ceux qui n’en mangent pas.
Ceux qui mangent du cochon…..et les musulmans.
Ceux qui mangent de la vache…. et les hindouistes.
Ceux qui mangent du cheval, du singe, des tortues…. et les autres.
Ceux qui mangent des animaux et les végétariens ou vegans.
La liste est bien plus longue et pourtant il suffit de faire le choix du 100% végétal pour vivre en paix et s’asseoir à la même table sans arrière pensée.

-Stopper les meurtres de masse (mass-murders)
Alors que la vie des animaux d’élevage est de plus en plus bafouée et immonde, on constate une montée en nombre des meurtres de masse que ce soit avec des bombes, des armes automatiques ou des véhicules « fous » écrasant piétons et cyclistes. Comment pourrait il en être autrement dans un monde où les supermarchés nous présentent des montagnes de corps démembrés, sanguinolents rangés sur des étalages à perte de vue ?
Un monde où les affiches publicitaires, les oeuvres cinématographiques font sans arrêt l’apologie du crime et des armes.

-Fermeture des abattoirs
Plusieurs enquêtes journalistiques et sociologiques (1) (2) on récemment apporté les preuves que le « travail » des employés d’abattoir était non seulement un pis-aller pour des personnes sans emploi mais était surtout très mal vécu par un grand nombre de ces salariés qui, pour beaucoup, abandonnaient leur poste après quelques semaines et/ou étaient sujets à des problèmes psychologiques liés au fait de tuer à la chaîne et de littéralement baigner dans le sang toute la journée.
Dans son livre-témoignage, l’employé d’abattoir , Stéphane Geffroy exprime le malaise en ces termes :
« Pendant des années, je suis rentré totalement vidé à la maison, avec des courbatures dans les mains, les jambes et les avant-bras. […] Je me réveillais plusieurs fois dans la nuit. Je m’en suis sorti en prenant chaque soir du Stilnox [un somnifère très puissant, ndlr]. Longtemps je n’en n’ai pas parlé aux copains, et puis j’ai vu que la plupart en était au même point. […] Personne ne peut arriver à la tuerie et continuer à dormir comme si de rien n’était. »

In « À l’abattoir » par Stéphane Geffroy
Dans ces conditions, est il souhaitable que des individus aient une vie aussi pénible et déstabilisante ? Qui accepterait ce travail ne serait-ce qu’un mois ?

Cette notion de traumatisme morale peut être étendu à tous les acteurs de la filière « viande » et en premier lieu les éleveurs qui témoignent de leur souffrance à voir partir « leurs bêtes » à l’abattoir mais cela concerne aussi les négociants, les transporteurs qui, tous, à un moment ou un autre, étouffent leur sensibilité, leur compassion et s’enferment dans un monde de dureté qui ne peut être aucunement bénéfique pour la communauté humaine.

Le consommateur, à la fin de ce circuit a souvent peu conscience des vies séquestrées, insalubres, des transports sans eau à travers les pays, des matraques électriques pour le déchargement et finalement des asphyxies ou électrocutions qui clôturent l’existence de ces pauvres créatures.
Mais notre société informatisée laisse de moins de moins en moins de place à l’ignorance et la question « viande » apparait chaque jour un peu plus comme une question de morale et un choix de société….Une vision du monde qui refuse la mécanisation de la vie, qui refuse la violence et la loi du plus fort comme base morale implicite.

(1) Steack machine (Goutte d’or, 2017Geoffrey Le Guilcher
(2) À l’abattoir, Stéphane Geffroy

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Un commentaire pour Vegan…pour les humains

  1. On peut rajouter ceci (https://vegan-pratique.fr/pourquoi-devenir-vegan/pour-les-humains/). Merci pour l’article, que j’ai partagé sur ma page. 😉

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