C’est quoi Vegan ?

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C’est quoi Vegan  ? définition, historique, sociologie et philosophie du mouvement, modes d’action et de consommation. (publié le 28/01/2017 par Cola Verde)

Le véganisme est un courant de pensée apparu au milieu du 20éme siècle et basé sur le refus de l’exploitation animale. C’est aussi une pratique qui va au delà du végétarisme dont les motivations peuvent être très différentes et simplement correspondre à une hygiène de vie sans considération altruiste.

« Le véganisme est la doctrine selon laquelle les humains doivent vivre sans exploiter les animaux. » (1951 Vegan Society)

On notera cependant que la langue anglaise ne contient pas d’équivalent pour le mot « végétalien » (compris comme simple régime alimentaire) et emploie donc le mot « vegan » pour désigner les personnes végétaliennes quelques soient leurs motivations (éthique, santé..). Par contre le véganisme (veganism) fait bien référence à la théorie refusant l’exploitation des animaux non humains.

La langue française qui possède le mot « végétalien » utilisé spécifiquement pour les pratiques alimentaires a jusqu’à ce jour conservé au mot « vegan » ( francisé en « végane » ) son sens originel.

Les personnes se revendiquant  « véganes » adoptent le plus souvent une attitude radicale et constituent de facto une communauté se retrouvant autour de modes d’action (militantisme/prosélytisme) et/ou de consommation très spécifiques.

Nous allons développer les principales caractéristiques du véganisme qui sont le prosélytisme, l’aspect moral, la volonté hégémonique, la consommation de produits labellisés, le caractère « sacré » de la vie.

Prosélytisme

Il existe de nombreux modes d’expression du véganisme militant et on peut affirmer de part le foissonnement des initiatives que le mouvement vegan est fortement ouvert sur le monde et animé par une volonté de convaincre et de rallier le plus grand nombre.

En premier lieu on peut citer la Veggie Pride annuelle proposant une marche et des stands d’information dans plusieurs villes européennes. La « vegan-place » est, quand à elle, une initiative de l’association française L214 qui réunit les associations locales et occupe régulièrement les rues lyonnaises afin de proposer au public une information complète. L’association suisse PEA a organisé en 2015 et 2016 une « marche contre le spécisme » à Genève et d’autres actions ont lieu régulièrement dans ce pays.  Aux États-Unis on peut citer des actions similaires organisées par l’association PETA dans de nombreuses villes et dotées de moyens financiers très conséquents. La communication virale sur le réseau Facebook est aussi une des méthodes les plus voyantes du prosélytisme végane.

Une composante fondamentale du mouvement vegan est la confrontation directe avec les acteurs de l’exploitation animale en manifestant devant les cirques, les magasins de fourrure, le salon de l’agriculture, les élevages de chiens destinés aux laboratoires.

Plus récemment et c’est une première en France (à notre connaissance) l’association 269Life s’est introduite dans un abattoir afin de stopper la mise à mort des animaux.

Volonté hégémonique au niveau mondial

Le souhait hégémonique du véganisme pourrait se résumer dans le slogan « meat abolition » qui signifie littéralement « abolition de la viande » en référence à l’abolition de la peine de mort pour les humains mais cette fois étendue à tous les êtres animés et à l’ensemble de la planète (1).
Cette revendication est portée par les véganes dont une part importante se définit comme étant « anti-spéciste », c’est-à-dire refusant de placer l’homme au sommet d’une pyramide de valeurs lui permettant d’exploiter les autres espèces en faisant valoir une hypothétique supériorité. L’anti-spécisme est une théorie importante qui explique et justifie la volonté de changement au niveau planétaire en situant le spécisme au même plan que le racisme (bien que les deux concepts ne soient pas totalement identiques).

Aspect moral

L’aspect moral du véganisme est très largement débattu par des penseurs et philosophes proche de ce mouvement, apportant de nouvelles théories pour en diffuser les idées et l’éthique.

Ainsi Pierre Sigler (De l’appel à la vertu à l’exigence de justice pour les animaux ) confronte la morale et la vertu et évalue les avantages et les inconvénients d’un appel à la vertu (personnelle, privée, élitiste)  pour défendre et répandre une morale (publique, globale ) respectueuse des animaux (2).

« Le lien », ouvrage collectif réunissant 37 auteurs sous la direction d’Andrew Linzey interroge le rapport existant entre les violences faites aux humains et celles faites aux animaux prolongeant une réflexion initiée notamment par Pythagore, Schweitzer, Thomas d’Aquin, Locke, Kant ou Schopenhauer. (présentation  de l’ouvrage par Estiva Reus dans les cahiers antispécistes) (3)

On observe aussi la diffusion sur les réseaux sociaux, de vidéos ou de photos mettant en scène la contradiction entre le traitement réservé par les humains aux animaux de compagnie d’une part et aux animaux de boucherie et de divertissement (cirques, aqua-parcs) d’autre part.  La valeur morale de l’exploitation animale est ainsi questionnée et remise en question.

Alimentation et produits labellisés

Au même titre que les juifs achètent des produits casher ou les musulmans des produits hallal, les consommateurs véganes  se tournent vers des entreprises en mesure de leur fournir des produits labellisés ou certifiés conformes et préparés selon des critères rigoureux par des personnes compétentes. Au fil des années et à travers le monde on a vu apparaître des quantités de produits labellisés vegan et plusieurs logo coexistent.
On remarquera que cette volonté de consommer vegan s’étend à tous les domaines où des produits animaux sont susceptibles d’être utilisés comme ingrédients: alimentation, vêtements, chaussures, cosmétique, santé, hygiène.

Caractère « sacré » de la vie

Cet aspect n’est pas perçu par tous les véganes bien qu’il soit largement intégré au niveau conscient ou inconscient. On peut citer les paroles de Bertrand, adhérent à l’association végétarienne de France, qui reflètent un comportement extrêmement courant chez les véganes.

« Si un insecte est indésirable dans mon appartement, j’utilise une petite boîte pour l’attraper et le faire sortir sans lui faire de mal ».

De même le cas des moustiques génère de longues discussions sur les forums et groupes Facebook. Peut on tuer un insecte qui souhaite boire notre sang ? La réponse est  souvent négative.

Ces exemples vont au delà du refus d’exploiter les animaux et indiquent une volonté de toujours rechercher la solution la moins offensive pour la vie animale même dans le cas d’animaux/insectes potentiellement nuisibles ou invasifs.

Une pensée en évolution

Si le respect entre humains découle de mécanismes pouvant être qualifiés de fonctionnalistes par la sociologie (fonction de stabilisation sociale (4) et de pacification notamment), il en va autrement du respect inconditionnel des humains envers tous les autres animaux dont le fondement semble désintéressé et motivé par la compassion. On peut aussi évoquer la volonté d’un monde plus paisible et le souhait de limiter les dommages occasionnés par les humains aux autre habitants de la terre. Dans certains cas, cette non-agression s’étend aux végétaux (forêts) et entre dans une logique écologique.

Au niveau du droit (pratique juridique) on voit émerger une théorie du « droit animalier », enseignée dans plusieurs universités françaises (mais aussi en Espagne et aux USA)  et visant à doter les non-humains de droits fondamentaux. (5)

Pour conclure on peut dire que les angles d’approche du véganisme sont multiples et ouvrent les portes d’un monde prenant en compte l’individualité de chaque « être animé » et respectant les aspirations à la vie et à la liberté de chacun-e, humains et non-humains.

#vegan #végétarien #sociologie #philosophie

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(1) http://meat-abolition.org/fr/presentation
(2) http://abolitionduveganisme.blogspot.fr/2014/07/de-lappel-la-vertu%20%C2%A0lexigence-de-justice.html
(3) http://www.cahiers-antispecistes.org/spip.php?article420
(4) https://sociologies.revues.org/2353#tocto1n7

(5) http://www.vegactu.com/actualite/deux-heures-de-cours-de-droit-animalier-a-la-fac-daix-en-provence-24039/

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